SUR LA ROUTE DU TRAIN

 

« Le train arrive !» Comme un seul homme, Norma, sa mère, ses sœurs, ses nièces et voisines, abandonnent l‘abri de fortune qui leur sert de cuisine. Dans un ballet maîtrisé, elles chargent la brouette de bouteilles d’eau, de sachets repas et courent s’aligner le long de la voie ferrée, à quelques mètres de là.  Afin d’avertir les migrants, elles crient et  brandissent la nourriture à l’approche du train. Puis, en moins d’une minute, elles distribuent jusqu’à une centaine de repas.

Il faut faire attention. Pour elles, comme pour ceux qui se penchent dangereusement hors des wagons, une chute pourrait s’avérer fatale.

 

C’est à la Patrona, bourgade située à l’est du pays dans l’état de Veracruz, au Mexique que les femmes de la famille Romero Vasquez et quelques rares voisines offrent depuis près de dix ans un peu d’humanité à des migrants pour la plupart centre-américains. Chaque année, ils sont plusieurs centaines de milliers à prendre la route, direction les Etats-Unis. Avant d’atteindre la frontière américaine, ils devront traverser le Mexique, un pays qui laisse peu de répit aux migrants. Sur ce parcours, long de 4000 kms, attaques, viols, accidents et meurtres sont fréquents, tout comme la faim et la soif.

 

Lorsqu’ils traversent quotidiennement le village, juchés parfois par centaines sur des trains de marchandises, ils n’ont souvent rien mangé depuis trois à quatre jours. Grâce aux femmes de la Patrona, certains pourront ce jour-là se mettre quelque chose dans l’estomac.

 

 

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