LA LÉPROSERIE

Les dernières photographies connues du village de l’Acarouany - Guyane - datent des années 1950 : des clichés en noir et blanc où figurent des sœurs au chevet de lépreux, des allées bien ordonnées, signe d’une rigueur hospitalière, des cartes postales qui témoignent d’un prestigieux passé. La léproserie, crée en 1833 par la mère Javouhey, est restée active jusqu'à la fin des années 70.

Vient ensuite l’oubli et ce qui n’a pas été photographié : le déclin du village, 1986 et la guerre civile du Suriname, le camp, ses militaires et ses réfugiés. Sept ans durant, l’Acarouany a accueille les populations provisoirement déplacées du Suriname. A la fin de la guerre, le village est abandonné.

Mais aujourd'hui, l'Acarouany, classé monument historique, n'est pas figée dans le passée... Une population hétéroclite s'est installée, refaçonnant ses murs et s'inscrivant dans les fissures de son histoire. Autrefois lieu de soins mais aussi d’exclusion, lieu de refuge sans avenir imaginable, quel est le visage actuel de l’Acarouany ? Quelle permanence dans le changement ? Ses habitants, généralement jeunes, tous squatteurs, nés en France ou ailleurs, nous livrent ici leur paysage intime, nous offrant un autre regard sur l’endroit.

Commande de la ville de Mana